samedi 29 août 2009

Soupe froide aux framboises, groseilles et vin rouge

J’ai toujours aimé toutes sortes de soupes froides aux fruits. Ma Grand-Mère Zosia, que vous connaissez déjà, préparait en été une soupe froide aux fraises ou aux griottes avec des pâtes très fines faites maison, semblables aux tagliatelles. J’avoue que c’est quelque chose d’un peu spécial que beaucoup de gens n’aiment pas du tout. Moi, je l’adorais ;)
Je prenais une assiette de cette soupe bizarre, je m’installais sur la terrasse, au soleil, et je mangeais en lisant… Je sais, ce n’est pas bien de manger en lisant ;) Mais ma famille était indulgente, car il m’arrivait même de manger deux assiettes de cette soupe, sans prononcer une seule fois la phrase tant redoutée… « Non, merci, je n’ai pas faim »
Moi-même je ne l’ai jamais préparée. Premièrement je suis sûre que je devrais la manger toute seule, car P’tit Suisse, malgré son énorme curiosité et sa tolérance culinaire, n’y toucherait pas. Deuxièmement, je suis trop paresseuse pour préparer les pâtes toute seule selon la recette de ma Grande-Mère. Peut-être un jour... :)


Soupe froide aux framboises, groseilles et vin rouge – pour 4 personnes:
300 g de framboises
300 g de groseilles
100 g myrtilles
300 ml vin rouge
250 ml crème fleurette
2 c. à s. de sucre brun (ou plus)
1 c. à s. de sucre vanille
2 clous de girofles
4 meringues
zeste d’un demi-citron
4 feuilles de menthe

Réalisation:
Ebouillanter le citron. Le sécher et enlever le zeste. Passer rapidement les framboises et les groseilles sous l’eau froide. Faire bouillir le vin avec le sucre, le sucre vanille, les clous de girofles et le zeste du citron. Y incorporer les framboises et les groseilles et faire cuire ensemble 5 minutes. Enlever les clous de girofles et passer le tout au mixeur. Mettre au frigo pour quelques heures.
Avant de servir, battre légèrement la crème en chantilly. La mélanger aux fruits. Y incorporer les meringues cassées. Servir décorée de myrtilles et des feuilles de menthe.

Bon appétit!


PRZEPIS PO POLSKU: Zimna, winna zupa z malinami i porzeczkami

vendredi 21 août 2009

Tarte à la botwinka et épinards

J’habite dans un pays où la botwinka (des jeunes betteraves avec leurs feuilles) est inconnue. Je peux, sans aucun problème, acheter de jeunes pousses de betteraves, que nous adorons en salade. Par contre la vraie botwinka est introuvable.
L’année passée, j’ai réussi à expliquer ce que je cherchais à l’un des maraîchers du marché qui vendait des betteraves de sa propre production. Il m’a promis de m’en apporter. Il a tenu sa promesse et moi, je me suis retrouvée avec des betteraves de taille moyenne avec 3 minuscules feuilles au bout. Visiblement je n’ai pas été très explicite…
Cette année, ZiaCri a fait pousser des betteraves dans son jardin potager. Elle l’a fait en pensant à moi ! (Encore une fois merci, Cri :*). En plus elle les a plantées avec quelques semaines d’intervalles ; ainsi, nous nous régalons de botwinka depuis deux mois :)
Je vais vous confier un secret... la nostalgie et l'attachement que j’éprouve pour ce légume sont né par pur esprit de contradiction... en effet je ne l’ai jamais aimé ;) Quand j’habitais à Varsovie et que je pouvais l’avoir à n’importe quel moment, je ne le mangeais pas. Pas même quand ma Mère préparait la soupe du même nom – botwinka (une sorte de borscht), ni quand elle préparait le chłodnik, soupe froide au lait caillée avec ces jeunes betteraves… Chez nous, on dit qu’il n’y a que les vaches qui ne changent jamais d’avis :)



Tarte à la botwinka et épinards – forme carrée 24x24 cm
Cette tarte a été inventée par Pinos. Ici, je vous donne ma version de cette recette:
Pâte brisée:250 g de farine
125 g de beurre salé
1 jaune d’œuf
2 c. à s. de grains de pavot
1 c. à s. de crème acidulée épaisse à 15% m.g.

Farce:
500 g de feuilles d’épinards frais
8 petites betteraves avec leurs feuilles
4 gousses d’ail
1 c. à s. de ghee
200 ml de crème acidulée épaisse à 15% m.g.
1 oeuf
50 g de provolone doux (ou de jeune parmesan)
sel
poivre
1/2 c. à c. de curry rouge d’Afrique du Sud

Réalisation:
Préparer la pâte en mélangeant rapidement avec le bout des doigts tous les ingrédients. Former une boule. L’envelopper avec le film alimentaire et mettre au frigo pour une heure minimum.
Faire chauffer le four à 180°C. Abaisser la pâte, mettre dans la forme. Faire cuire la pâte à blanc 20 minutes environ.
Laver les betteraves, les feuilles de betteraves et feuilles des épinards. Les sécher. Peler et couper les betteraves en fins bâtonnets. Hacher les feuilles de betteraves. Eplucher et hacher grossièrement les gousses d’ail.
Faire chauffer le ghee dans une poêle. Y faire dorer légèrement l’ail. Ajouter les betteraves et les feuilles de betteraves. Faire sauter 10 minutes environ. Incorporer les épinards et laisser cuire à couvert 5 minutes. Assaisonner selon votre goût et mélanger avec 2 cuillères à soupe de crème acidulée. Mettre la farce sur la pâte précuite.
Mélanger le reste de la crème avec l’œuf et le provolone râpé. Rectifier l’assaisonnement et verser sur la farce.
Préchauffer le four à 180°. Faire cuire la tarte 30 minutes ou jusqu’à ce qu’elle dore.

Bon appétit!


PRZEPIS PO POLSKU: Tarta z botwinką i szpinakiem

vendredi 14 août 2009

Jagodzianki

En été, quand ma Grand-Mère Zosia venais chez nous, elle apportais les meilleures jagodzianki, petits pains aux myrtilles, que je n’ai jamais mangés.
Elle n’était pourtant pas l’auteur de ces délicieuses viennoiseries. Elle les achetait au Bazar Różycki, un ancien marché se trouvant dans le quartier de Praga, aux abords duquel elle habitait.
A chaque fois que je me rendais avec Maman chez ma Grand-Mère, je les suppliais de m’emmener faire un tour au bazar. C’était un voyage dans un autre monde.
Dans les années 70 et 80, quand on ne trouvait dans les magasins que des étalages vides, ce marché était un endroit où florissait l’initiative privée, qui se développait sans être gênée. On pouvait tout y trouver. Je me rappelle toujours de stands avec de magnifiques robes de mariée, avec des vêtements colorées issu du trafic clandestin avec la frontière de l’ouest, ou encore de pyramides de livres et de cassettes vendus sous une grande pancarte signalant : Vente de cassettes de livres interdits :) C’est justement à côtés de ce dernier que nous nous arrêtions le plus souvent. A l’époque, ma Mère dirigeait une librairie avec des livres d’occasion. Je me rappelle l’envie avec laquelle elle regardait ces livres qu’elle ne pouvait que rêver de voir dans sa librairie…
Quand je ferme les yeux en essayant de me souvenir de cet endroit, je vois les habitués du bazar attirant les badauds en jouant au bonneteau, de vieilles dames vendant des pyzy, qui sont des boulettes de pommes de terre farcies de viande hachée. Mais je me rappelle surtout les chariots remplis de jagodzianki, dégageant une saveur sublime.
C’était une vrai caverne d’Ali Baba, surtout pour la gamine que j’étais à l’époque, un monde irréel empli de trésors et de dangers. Le portail du bazar à peine franchi, il fallait toujours faire extrêmement attention afin de ne pas se faire subtiliser sa carte d’identité ou son portefeuille…
Au milieux des année 90, P’tit Suisse et moi avons déménagé dans le studio de ma grand-mère. Quasiment tout de suite, j’ai amené P’tit Suisse au bazar pour acheter des jagodzianki. Mais… à part des stand surchargés de camelotes made in China, quelques vieux habitués du coin cuvant quelques verres de vodka, la casquette à carreaux nonchalamment portées sur l’oreille, mais sans le sourire charmant de mon souvenir, nous n’avons rien trouvé. Il n’y avait plus de pyzy chaudes, pas de tripes à la varsovienne. Ni de jagodzianki non plus. Peut-être n’était-ce plus la saison. Peut-être étions-nous venus trop tard dans la journée... Mais je pense que c’est plutôt moi qui ai grandi. Tout ce que j’admirais avec les yeux d’un enfant enchanté, au fil du temps qui s’écoule impitoyablement, n’a pas survécu à la triste réalité.




J’ai essayé plusieurs recettes, mais il y avait toujours quelque chose qui clochait. Cet été, Polka m’a persuadé de faire encore un effort et d’essayer la recette de Tatter. Bien sûr, je ne croyais pas du tout que les jagodzianki de Tatter seraient sans reproches. Erreur! Ces jagodzianki sont quasiment aussi bons que ceux de mon enfance, achetés par ma Grand-Mère au Bazar Różycki… Quasiment, car ces derniers ont la saveur irrésistible des souvenirs :)


Jagodzianki aux saveurs de citron et vanille – 16 pièces:
Je vous donne le recette de Tatter avec mes modifications
Pâte:500 g de farine fleure
1 et 1/2 c. à c. de levure boulangère
1 verre de lait tiède (temp. env. 40°C)2 œufs
50 g de beurre
80 g de sucre
2 c. à s. de sucre grossièrement moulu avec un demi bâton de vanille
zestes d’un citron bio
1 pincée de sel

Farce:500 g myrtilles*
3 c. à s de sucre
1 c. à s de maïzena

Crumble:80 g de farine
40 g de beurre
40 g de sucre
zeste d’un citron bio

En plus:
1 œuf légèrement battu
1 c. à s. de lait

Réalisation:
Laver les citrons sous l’eau chaude.
Préparer le levain en mélangeant la levure boulangère avec une cuillère à soupe de sucre et une cuillère à soupe de farine. Laisser le mélange au chaud afin qu’il double volume.
Commencer à préparer la pâte en tamisant le reste de farine. Y ajouter le levain, les œufs, le sucre, le sucre vanillée, le reste du lait, le zeste de citron ainsi que le sel.
Bien pétrir la pâte à l’aide d’un robot, jusqu’à ce qu’elle devienne brillante (dans mon cas, je devrais plutôt dire « quand elle ne collera plus à tout ce qu’elle touche » ;)), y ajouter le beurre fondu et refroidi. Pétrir de nouveau 5 minutes environ.
Transférer la pâte dans un grand saladier, la couvrir de film alimentaire et mettre dans un endroit chaud afin qu’elle double, voire triple le volume.
Quand la pâte est prête, préparer les myrtilles. Les laver et laisser égoutter un bon moment. Ensuite les mélanger délicatement avec le sucre et le maïzena.
Dégazer la pâte et la diviser en 16 petites boules. Aplatir à la main chaque boule en formant une galette. Au centre de chaque galette déposer une cuillère à soupe de farce aux myrtilles. Coller soigneusement les bords en formant un petit pain.
Poser les jagodzianki sur une plaque avec le papier sulfurisé, en laissant une espace entre chacun. Les mettre de nouveau au chaud et laisser doubler de volume (environ 45 minutes).
Faire préchauffer le four à 180°C.
Préparer le crumble en malaxant avec les doigts tous les ingrédients jusqu’à ce que la pâte devienne sableuse.
Dès que les jagodzianki sont prêts, préparer un mélange d’œuf légèrement battu avec une cuillère à soupe de lait froid. A l’aide d’un pinceau, en badigeonner la pâte, la saupoudrer du crumble et mettre au four.
Faire cuire 30 minutes environ ou jusqu’à ce qu’ils deviennent joliment dorés. A la sortie du four les faire refroidir sur une grille.

Bon appétit!

*Si on remplace les myrtilles par les framboises on obtient les malinianki. Il faut mettre des groseilles, voir des cassis, pour obtenir les porzeczanki :)


PRZEPIS PO POLSKU: Jagodzianki

dimanche 9 août 2009

Tomates farcis de fromage blanc...

Connaissez-vous le biały ser, fromage blanc polonais?
Non?!? Comment est-ce possible ? :)
C’est un produit national, l’emblème de la Pologne que tout le monde adore. C’est ce fromage qui donne un goût inimitable à nos sernik, cheesecake polonais. Son goût frais et légèrement acidulé se prête à merveille à toutes sortes des préparations aussi bien sucrées que salées. P’tit Suisse, par exemple, raffole des tartines de biały ser avec de la confiture de cassis sur une tranche de pain de campagne. Durant nos années d’études à Varsovie, c’était notre petit déjeuner quotidien. Moi, je raffole de tout ce qui contient du biały ser.
Malheureusement son accessibilité en Suisse est réduite… Ainsi nous dépendons totalement de nos amis polonais en visite pour notre réapprovisionnement. Lorsqu’ils s’inquiètent de ce qu’ils peuvent nous apporter en guise de cadeaux, nous répondons sans hésitation: du Bialy ser… et du maquereau fumé ! ajoute immanquablement P’tit Suisse ;)



Tomates farcies de fromage blanc – pour 4 personnes:
200g fromage blanc entier (vous pouvez le remplacer par de la faisselle bien égouttée, ou par du Cottage Cheese, mais je vous préviens que le goût n’aura que peu de choses en commun avec le biały ser)
4 grandes tomates bien mûres
2 concombres marinés à la polonaise (facultatifs)
4 radis
2 oignons nouveaux
1 botte d’aneth
3-4 de tiges de persil plat
2-3 de crème acidulée à 15% m.g.
sel
poivre noir fraîchement moulu
pincée de piment d’Espelette

Réalisation:
Laver et sécher les tomates. Découper le haut de chaque tomate. Les vider en faisant attention à ne pas percer leur peau. Saler les tomates vidées à l’intérieur. Les poser à l’envers sur une assiette et les laisser dégorger.
Mélanger le fromage avec la crème. Hacher grossièrement les cornichons, les radis, les oignons nouveaux. Ciseler le persil plat et l’aneth. Mélanger le tout avec le fromage. Saler. Poivrer. Farcir les tomates avec le fromage. Couvrir les tomates avec leurs chapeaux découpés. Servir sans attendre.

Ces tomates farcies sont très bonnes servies au petit déjeuner, quand nous avons un petit creux ou en entrée, surtout quand nous manquons terriblement de temps.

Bon appétit!


PRZEPIS PO POLSKU: Biały ser i pomidory