Aussi loin que je me rappelle j’adore les champignons. Quand j’étais enfant je partais avec mes parents à la cueillette aux champignons dans les forêts environnant Varsovie. J’adorais ces balades matinales. Plus tard, adolescente, je ramassais des champignons lors de nos folles vacances en bateau à voile sur les lacs de Mazurie. Je me souviens du jour où je suis retournée, après une promenade dans la forêt, avec un grand sac rempli de magnifiques champignons. J’ai tendu, toute fière, le sac à un copain. Il a jeté un bref coup d’œil sur le contenu du sac et, sans la moindre hésitation, a tout balancé dans la poubelle… J’avais réussi à ramasser un sac plain de remarquables bolets fiel :)
Il s’est avéré que ces années de cueillette de champignons étaient vaines, car le seul champignon que je sois capable de reconnaître est l’amanite tue-mouches… et ceci à condition qu’elle soit coiffée d’un chapeau bien rouge avec de gros points blancs ;)
Pour cette raison je ne cueille les champignons qu’en compagnie de «ceux qui savent». Malheureusement la majorité d’entre eux habite en Pologne. Je suis donc obligée, la plupart du temps, de cueillir les champignons… au marché. Heureusement, chaque samedi, nous avons un bon choix sur l’étal d’un marchand de champignons. Samedi passé, nous sommes tombés sous le charme de magnifiques morilles dont la saison vient de commencer.

Tarte aux morilles et rubans de courgette* - moule rectangulaire de 35 cm de longueur:
Pâte brisée :
125 g de farine
95 g de beurre
20 g de lait
1 petit jaune d’œuf
1 c. à c. de sel
quelques gouttes de jus de citron
Farce :
300 g de morilles fraîches (on peut utiliser des morilles séchées, préalablement trempées dans l’eau)100 ml de crème fraîche à 25% de m. g.
2 petites courgettes
2 œufs
2 gousses d’ail hachées
1 oignon haché
1 c. à s. de ghî (ou de beurre mélangé avec 1 c. à c. d’huile)
1 poignée de basilic haché
1 poigné de persil plat haché
sel
poivre
Réalisation:
Pétrir rapidement tous les ingrédients de la pâte. Faire une boule, l’envelopper de film alimentaire et la mettre au frigo pour une heure. Faire chauffer le four à 200°C. Abaisser très finement la pâte en la saupoudrant d’un peu de farine. Cuire le fond de tarte à blanc (environ 10-15 minutes). Le sortir du four et laisser refroidir.
Préparer la farce. Nettoyer soigneusement les morilles, sans les mouiller. Détailler les courgettes en rubans à l’aide d’un couteau économe.
Dans une poêle faire fondre le ghî, y faire suer l’oignon et l’ail. Ajouter les morilles entières. Les faire revenir 5 minutes. Laisser refroidir.
Mettre de coté les dix plus belles morilles et hacher le reste. Mélanger les œufs avec la crème fraîche, les morilles hachées et les herbes. Assaisonner de sel et de poivre.
Verser le mélange sur le fond de tarte. Décorer avec les morilles entières et les rubans de courgettes.
Faire cuire, au four préchauffé à 180°C, durant 30 minutes environ ou jusqu’à ce que le mélange des œufs et de la crème se fige.
Ça fait des années que je prépare cette tarte et à chaque fois que je la sers, elle emporte un succès énorme auprès de nos convives. Vous l’adorerez aussi, j’en suis persuadée :)
Bon appétit!
*Inspiré du livre "Cueillez, c'est prêt" de Marianne Paquin
PRZEPIS PO POLSKU: Tarta ze smardzami...
C’est ainsi on appelle le ghî en Iran. Sa belle couleur dorée laisse penser que nous avons à faire à un produit précieux. Ce qui s’avère vrai quand nous apprenons combien il est cher pour notre santé.
Sous nos latitudes, nous le connaissons plutôt sous le mon de beurre clarifié. Le ghî est une alternative à toutes les huiles et corps gras que nous utilisons dans notre cuisine. Avec sont goût très agréable de noisette, le ghî constitue un excellent lipide très utile pour cuisiner à haute température, par exemple. En effet, il ne brûle pas et ne noircit pas comme le beurre. Il est surtout utilisé pour la préparation de plats indiens, mais il donne également un goût très intéressant aux plats bien de chez nous. Ainsi, le ghî peut remplacer le beurre pour cuisiner les légumes, ou faire griller les steaks. Il est également un ingrédient parfait pour entrer dans la préparation de certaines pâtisseries comme les crêpes, les omelettes ou les pancakes.
On dit également que le ghî améliore l'intelligence et augmente la puissance du corps. Mais pas seulement, car il est censé posséder beaucoup d’autres propriétés bienfaisantes pour notre corps. Il augmente les défenses immunitaires de notre organisme, augmente et améliore la vision, stimule les fonctions du foie, accroît les fonctions enzymatiques des intestins, du foie et des tissus, fortifie les reins et le cerveau, aide à éliminer rapidement les toxines et la chaleur de l’organisme… Et même s’il ne possède que deux ou trois de ces qualités, c’est déjà pas mal ;-)
Alors, pourquoi ne pas l’introduire dans notre alimentation ? Ce d’autant plus que le beurre clarifié est vraiment très facile à préparer par soi même et qu’il se garde à température ambiante pendant des mois sans rancir!

Ghî :
750 g de beurre d'excellente qualité
un pot d’une contenance de 500 ml
une casserole à fond épais
de la patience :)
Réalisation:
Stériliser le bocal choisir pour conserver le ghî.
Faire fondre très lentement le beurre à feu très doux dans une casserole à fond épais. Le but de l’opération est d’éliminer toutes les impuretés, ainsi que l’eau, le petit lait et la caséine (protéine du lait), pour ne garder que les lipides.
Tout en faisant très attention à ne pas remuer le beurre fondu, enlever avec précaution la mousse qui se forme en surface, c’est la caséine et d’autres impuretés. Ne pas effectuer cette opération trop souvent : deux à trois fois maximum suffisent.
Lorsque que le beurre devient transparent et d’une belle couleur dorée, retirer la casserole du feu et verser délicatement le liquide dans le bocal stérilisé à travers un chinois, tout en veillant à ne pas verser le petit lait qui se trouve au fond de la casserole (liquide blanchâtre).
S’il vous reste du ghî dans la casserole et que vous n’arrivez plus à le récupérer sans le mélanger au petit lait, il vous suffit de verser le tout dans un bol et de laisser prendre dans le frigo. Au bout de quelques heures vous trouverez le ghî figé au sommet et le petit lait toujours liquide au fond. Vous garder alors le ghî et jeter le petit lait.
Le ghî se conservera au mieux dans un endroit sec, à l’abri de la lumière et de la chaleur. Il est par contre inutile de le mettre au frigo.
Bon appétit !
PRZEPIS PO POLSKU : Złoto na talerzu...
Il s’agit de Nela Rubinstein, l’épouse du célèbre pianiste Arthur Rubinstein. Nela possédait de multiples talents. Elle était danseuse, parlait plusieurs langues et, surtout, était une cuisinière hors pair qui savait préparer de magnifiques repas aussi bien sur les cuisinières d’appoint mises à sa disposition dans les hôtels où elle logeait lors des tournés de son célébrissime époux, que dans sa cuisine parfaitement équipée au 80, avenue Foch, à Paris.
Nela appelait son baba au levain buła. Elle faisait un peu la coquette, car son baba n’a rien avoir avec un étouffe-chrétien ! Selon moi, c’est l’un des meilleurs gâteaux au levain que je n’ai jamais mangé. D’ailleurs, quand, il y a maintenant des années, je l’ai fait pour la première fois, j’ai éliminé immédiatement toutes les autres recettes de gâteau au levain en ma possession et j’ai cessé d'en chercher de nouvelles. Il n'existe tout simplement pas, à mon avis, de meilleur baba que celui-là.
Ce baba wielkanocna (baba pascal) est un gâteau typique qui ne peut manquer sur aucune table polonaise pendant les fêtes de Pâques.
Baba pascal de Nela - 2 moules en forme de baba ou 2 moules à cake
Levain :
125 ml d’eau chaude (temp. 45-50°C)
30 g levure boulangère de bière
1 c. à s. de sucre
Pâte:
570 g farine riche en gluten
375 ml de lait tiède (temp. env. 40°C)200 g de sucre
120 g de beurre mou
200 g de raisins ramollis dans le rhum et l’eau bouillante (moitié-moitié)10 jaunes d’œufs
2 c. à s. zeste de citron râpé
1 c. à c. de sel
Glaçage :
1 verre de sucre glace
2 c. à s. de rhum
2 c. à c. de jus de citron
En plus :
1 oeuf
1 c. à s. d'eau froide
Réalisation:
Préparer le levain. en mélangeant la levure boulangère avec le sucre et l’eau chaude. Laisser le mélange de côté jusqu’à ce qu’il commence à „bouger”.
Commencer à préparer la pâte : bien mélanger la moitié de farine, le lait tiède et le sel. Y ajouter du levain et mélanger de nouveau. Y incorporer le sucre, les jaunes d’œufs, le beurre, le zeste de citron ainsi que le reste de la farine. Bien pétrir, à l’aide d’un robot, la pâte jusqu’à ce qu’elle devienne brillante. Ne vous étonnez pas, car la pâte reste toujours très collante et assez liquide. Ne vous en faites pas et surtout n’ajoutez pas de farine !
Transférer la pâte dans un grand saladier, couvrir le de film alimentaire et mettre au frigo pour la nuit (10-12 heures).
Faire tremper les raisins dans l’eau bouillante mélangée avec le rhum.
Quand la pâte a doublé, sortir le saladier du frigo et laisser la pâte se réchauffer à la température ambiante. Faire égouter les raisins. Faire un trou dans la pâte, y mettre le ¾ des raisins et bien mélanger le tout. Réserver le reste des raisins pour la décoration.
Beurrer les moules et les saupoudrer de farine. Les remplir jusqu’à 1/3 de pâte et mettre dans un endroit chaud pour faire à nouveau lever la pâte (30 – 45 minutes). Pendant ce temps, la pâte devrait remplir presque entièrement les moules.
Préparer un mélange d’œuf légèrement battu avec une cuillère à soupe d’eau froide. A l’aide d’un pinceau, en badigeonner la pâte. Faire cuire les babas dans un four préchauffé à 180°C, jusqu’à ce qu’ils deviennent joliment dorés et que le bâton avec lequel on les pique soit complètement sec, ce qui prend entre 35 et 40 minutes.
Sortir les babas du four et les laisser refroidir 10 minutes sur une grille. Démouler les babas et les laisser sur la grille.
Préparer le glaçage. Dans une casserole faire chauffer le rhum. Le mélanger avec le sucre glace et le jus de citron. Y ajouter le reste des raisins. Mélanger. Si le glaçage est trop épais, le dissoudre avec un peu de jus de citron.
Glacer les babas et les laisser de côté afin que le glaçage durcisse.
Bon appétit!
PRZEPIS PO POLSKU : Wielkanocna baba Neli
Ou l’invitation à un déjeuner pascal ombrien. Plus exactement encore, il s’agit ici de Terni où cette brioche salée est née. On la mangeait accompagnée d’œufs durs et de capocollo, une charcuterie de la région, durant les fêtes de Pâques. Quand, il y a quelques années, ZiaCri m’a parlé de la Pizza di Pasqua al Formaggio qu’elle adorait étant enfant, j’ai été assez sceptique. L’idée me plaisait assez, mais le travail et le temps qu’il fallait passer à la préparer me décourageaient d’avantage. En plus, selon les souvenirs de ZiaCri, il fallait absolument y ajouter du strutto qui, après consultation du dictionnaire, s’était avéré d’être du saindoux… Brrrr quel horreur ;) Enfin je me suis laissé persuader. Heureusement ! Depuis, chaque année, à l’approche de Pâques, ZiaCri me demande : «T’as pas oublié d’acheter du strutto pour la pizza ?» Non, je n’oublie plus jamais… :)

Biga : (sorte de base pour le pain, à préparer la veille)
65 g de farine riche en gluten
40 g d’eau tiède
4 g de levure fraîche de bière
Réalisation:
La veille, préparer la biga en mélangeant dans un récipient la farine avec l’eau tiède et la levure. Couvrir le récipient avec le fil alimentaire et laisser lever au chaud (à 20-22°C) minimum 16 heures. La pâte doit doubler voit tripler de volume.
Pizza di Pasqua al Formaggio – pour 2 pizzas :
1 kg de Manitoba (ou une autre farine riche en gluten - en Suisse, la farine pour la tresse)
100 g de biga
200 ml d’eau tiède
50 g de levure
6 œufs
2 jaunes d’œuf
100 ml d’huile d’olive
150 g de parmesan râpé
150 g de pecorino romano râpé
100 g de pecorino romano coupé en petits dés
100 g de saindoux (du vrai!)
1 c. à s. de sel
1 c. à s. de poivre
1 c. à c. de sucre
Préparation :
Le lendemain, mélanger la biga avec 100 g de farine, l’eau tiède, la levure et le sucre. Laisser reposer 30 minutes environ, recouvert de film alimentaire, dans un endroit chaud.
Battre les œufs en y ajoutant l’huile, le parmesan, le pecorino râpé, le saindoux, ainsi que le sel et le poivre. Bien mélanger. Y incorporer le mélange de biga.
Mélanger et finir par y ajouter le reste de la farine tamisée et les dés de pecorino. Pétrir la pâte manuellement ou à l’aide d’un robot de cuisine, jusqu’à ce qu’elle devienne souple et brillante (15 minutes environ). Laisser lever la pâte 4 heures environ. Pendant ce temps, le volume de la pâte doit au moins doubler.
Rompre la pâte. Beurrer le moule. Si vous ne possédez pas le moule spéciale pour cette pizza, qui est très haut, vous pouvez utiliser un moule à charnière qu’il faut rehausser en formant une cheminée cylindrique à l’aide de papier sulfurisé.
Remplir le moule jusqu’à la moitié (pas plus) et laisser lever encore une fois pendant une heure et demie. La pâte doit encore doubler de volume. Passer au four préchauffé à 200°C pendant une heure environ.
Important :
On mange cette pizza froide. Je vous conseille de la prépare 2-3 jour à l’avance. Ainsi les saveurs pourront se mélanger et votre pizza ne sera que meilleure. En fait, si vous la goûtez à la sortie du four, vous risquez une belle déception.
La pizza se garde plusieurs jours à la température ambiante.
Ces quantités suffisent pour préparer une grande pizza dans un moule traditionnel et une petite pizza dans un moule à charnière de ø 18 cm
Bon appétit!
PRZEPIS PO POLSKU : Pizza di Pasqua al Formaggio
Une sacrée surprise :)
Je suis heureuse d’apprendre que mon blog n’est pas seulement lu par mon mari et quelques copains et collègues hebdomadairement briffés sur son contenu et obligés de goûter tout ce qui sort de notre cuisine ;)
Je vous remercie toutes et tous d’avoir voté pour ce blog !
Je félicite également tous les auteurs des blogs qui ont participé au concours. Je reste bouche-bée devant le magnifique travail que vous faites quotidiennement !
J’espère que vous reviendrez souvent manger chez nous :)